Un monde qui s’humanise

Tout comme plusieurs personnes, j’ai été rivée à mon téléviseur à l’occasion des Jeux olympiques qui se sont tenus à Rio en août dernier. Ce regard porté sur cet événement mondial m’a fait un bien énorme. Je ne perçois plus ce phénomène sportif de la même manière. Je saisis mieux combien la personne peut y trouver une satisfaction de fond à s’accomplir et à se transformer.

Que d’émotions et d’émerveillement devant ces athlètes qui ont performé pour tenter de décrocher une médaille, fruit de leur labeur après tant d’années d’investissement de toute leur personne! En effet, on a entendu et pu lire dans les journaux que ces athlètes ont dû prioriser la pratique de leur discipline et mettre un peu de côté leur famille, leurs loisirs, leurs amis et même certains aspects de leur vie personnelle afin de tenter le tout pour le tout. Que de sacrifices!

Lorsque vient le temps de performer, tout peut arriver : une victoire anticipée ou une performance qui ne donne pas accès à un podium, des résultats sous les attentes. Pour certains, une joie; pour d’autres, la déception, la peine… Qu’importe les résultats, j’ai été touchée de percevoir et sentir toute cette solidarité, cette entraide, cette complicité visibles entre les athlètes : quelqu’un qui communie, qui se réjouit du bonheur de l’un, la présence d’un ami, d’un entraîneur pour accueillir celui ou celle qui vit une performance décevante.

L’athlète trouve réponse à ses besoins du moment : un besoin de se dire, un besoin d’être accueilli, un besoin d’être compris sans jugement, un besoin d’être vu au-delà de la performance, se permettre d’être cette personne fragile, vulnérable, tout en ayant la sensation de se réaliser malgré la défaite. Antoine Bouchard, athlète en judo, qui a terminé au 5e rang dans sa discipline à Rio, s’est exprimé comme suit : « En ce moment, c’est vraiment la défaite qui fait mal, mais si je regarde avec du recul ma journée, je peux être fier de ce que j’ai fait, d’avoir représenté mon pays. Je vais revenir dans quatre ans! » Dans ce cas-ci, Antoine porte un regard sur ce qu’il a accompli. Sa détermination et sa persévérance le poussent vers l’avant, au-delà de la déception.

Dans ce monde de performance, l’être de relation s’incarne et se déploie. On y voit des hommes et des femmes liés de fond par leur engagement sportif où la solidarité, la complicité, la compassion, la communion prennent le dessus et laissent paraître la beauté de l’humanité.

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Une situation, où la solidarité dans le sport a pu être observée, m’a particulièrement touchée. Alors qu’elle venait de tomber violemment, entraînée par la chute de la Néo-Zélandaise Nikki Hamblin, Abbey D’Agostino n’a pas hésité à prendre du temps pour aider sa concurrente à se relever. À l’inverse, quelques secondes plus tard, Hamblin faisait de même pour D’Agostino. Toutes deux ont pu terminer leur course, même si leurs « mauvais » temps ne leur ont pas permis de se qualifier. Les deux femmes se sont instantanément prises dans les bras l’une de l’autre après avoir passé la ligne d’arrivée.

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La relation humaine va au-delà de la médaille.

Ceux qui repartent sans médaille peuvent se servir de leurs expériences personnelles pour mieux se connaître et deviennent plus conscients de leur valeur comme personne, ce qui constitue un appui solide pour mieux repartir.

Ce type de situations fait partie de notre quotidien. Tout fonctionne à merveille une journée et, le lendemain, rien ne va plus. Pourtant, j’ai pu donner le meilleur de moi dans les deux cas. Quelle est ma réaction? Est-ce que je retrouve cette solidarité autour de moi qui m’encourage à continuer dans mon milieu? Est-ce je vis cette solidarité face aux autres? Suis-je en mesure de sentir ces appuis qui peuvent m’aider à reprendre ma marche?

J’ai foi en un monde qui s’humanise, un monde où la relation prend tout son sens, un monde où la personne est première. Je vous invite à un moment d’arrêt pour cueillir de quoi est faite votre foi en ce monde.

Doris Hébert, formatrice PRH

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2 réflexions sur “Un monde qui s’humanise

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