Prendre rendez-vous avec soi…

« Oui, nous dormons sur des trésors, sur des puits d’énergie, sur un volcan de créativité, sur des réserves incroyables d’amour vrai. » (Trouée dans le futur, André Rochais, 1980)

Nous avons parfois l’intuition, qu’en nous, il y a des trésors cachés, une part qui nous échappe, une étendue pleine de promesses, un peu lointaine, mais réelle… et elle nous fait rêver. Nous sentons que c’est là, que c’est plus vrai que le réel du quotidien, mais comment y accéder?

Dernièrement, une de mes clientes, qui est confrontée à la maladie de son conjoint, me partageait : « Le matin, je m’intériorise pour me connecter au positif en moi, à une part de moi où je me reconnais fidèle à moi-même et qui me conduit à la force de la vie en mon être. J’y reconnais l’amour que j’éprouve pour les miens. Me baigner dans cette part secrète de moi me permet de toucher mes forces, mes richesses. Ainsi armée, je peux entreprendre ma journée et mener à bien la relation à mon mari en perte d’autonomie. Si d’aventure, des difficultés se présentent à moi, j’ai le loisir d’y replonger pour me situer et me tenir enracinée dans l’amour. Pour moi, m’arrêter, c’est une étape essentielle, autrement, je n’y arriverais pas! »

Quand je m’arrête au vécu de cette personne, je constate qu’elle s’appuie sur sa solidité, qu’elle fait confiance en qui elle est, qu’elle puise en elle l’inspiration qui la guide, sûrement parce que en accord avec sa conscience profonde. C’est tout simple : s’arrêter, descendre en soi, rejoindre les forces de son être, s’y déposer, s’y ressourcer, s’y enraciner…

J’invite les personnes à laisser de côté les préoccupations du quotidien, à s’arrêter pour « entrer » dans un lieu de vie qui se prête plus spontanément à retrouver une force en elles, à s’occuper de leur croissance. Encore là, s’arrêter, c’est essentiel : laisser de côté le travail, les bruits qui nous entourent, les bidules électroniques… C’est comme faire silence pour se rendre plus réceptif aux élans de l’intérieur. Un temps d’arrêt demeure un moyen efficace de s’intérioriser, de passer du tourbillon quotidien à une rencontre avec soi-même. Ce qui est là ne demande qu’à se manifester, mais encore faut-il être « disponible », prêt à l’accueillir.

Pour moi, prendre rendez-vous avec moi-même s’impose pour retrouver la lumière en moi et être fidèle à qui je suis. Je peux alors suivre mon chemin unique par des jaillissements de vie qui surgissent de l’intérieur et m’indiquent le pas à franchir pour vivre à partir du meilleur de moi.

Comme formatrice PRH, j’ai cette confiance infinie que chaque personne humaine peut découvrir qui elle est, être fière de sa nature d’homme ou de femme, entrer dans toute sa beauté, dans sa force d’être en suivant le chemin de la fidélité à soi.

Diane Michaud, formatrice PRH

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Les enfants au cœur de nos choix

Chère Johanne,

Je suis émerveillée et confiante qu’une enseignante de ta qualité et dans ta situation soit capable de poser une si belle question au monde de l’éducation.

Est-ce que les enfants sont toujours au cœur de nos choix?

Au moment même où je lis ta réflexion, tout un cortège d’observations s’éveille en moi.

En ce début d’année scolaire, j’ai fait une belle rencontre : l’enseignante de 4e année du primaire de ma fille Hannah. Lors de la réunion de rentrée, j’ai été saisie par cette femme d’une trentaine d’années d’expérience, rejointe par sa pédagogie. Sa pédagogie est la même que la mienne, celle en laquelle je crois profondément pour nos enfants, nos adolescents et nos jeunes.

Ce soir-là, j’ai entendu une femme qui ne démissionne devant aucun de ses 31 élèves.

Une force de la nature me direz-vous… en soi, oui! Il se dégage de chez cette femme une force tranquille qui voit les qualités de chaque enfant. Pour elle, ils sont tous uniques et chacun semble être au cœur de ses choix quand elle est dans une séquence éducative avec lui. Son regard ne réduit pas l’enfant à sa note, sa réussite ou sa difficulté. Son regard voit l’enfant plus largement dans ses forces, là où, justement, il peut trouver le plaisir de progresser et trouver des solutions.

De plus, cette enseignante nous partageait la mise en œuvre d’une réforme du système d’évaluation au primaire perturbante pour plus d’un parent : plus de note! Voilà le début d’une vraie révolution pédagogique. Chaque enfant valide le parcours d’acquisition de ses connaissances par des couleurs. Les enfants ne sont plus comparés entre eux par des notes, des appréciations, ni réduits à une moyenne.

L’année commençait bien et j’avoue avoir eu de la difficulté à dissimuler l’émotion tant j’étais touchée de trouver une si solide alliée pour l’éducation de ces 31 enfants dont ma fille fait partie.

Avec les mois, cette première impression s’est confirmée. C’est au travers d’Hannah que j’en fais l’expérience. Elle part à l’école dans la joie et la bonne humeur, elle nous revient avec des travaux, des anecdotes sans cesse renouvelées sur les capacités de l’un, un défi relevé, l’humour ou la gentillesse de l’autre, les exploits de vocabulaire de certains… chacun a sa place bien spécifique du lieu de ses forces et qualités; chacun semble être quelqu’un auprès de cette éducatrice qui, à l’évidence, est bien à sa place à elle.

Hannah progresse partout. Même là où elle a moins de goût ou de facilités. Auprès de cette enseignante, elle a le droit de s’appuyer sur ce qu’elle a de plus brillant, sa capacité à mettre des mots sur son ressenti, son talent artistique et son amour du mouvement. Ainsi, elle adore écrire de sa plus belle écriture, certains cahiers sont des œuvres d’art, elle apprend à la maison ses leçons en dansant et elle résout ses problèmes de mathématiques par un choix de voies qui lui sont encouragées et qui la rendent curieuse et chercheuse.

Hannah, cette année, progresse et développe ses connaissances en grandissant dans la confiance en elle. Cette estime d’elle-même se solidifie auprès de cette enseignante parce qu’elle est vue, accueillie et encouragée dans son spécifique pour atteindre ses objectifs.

Dernièrement, tout comme nous achevions un petit roman jeunesse ensemble, Hannah a eu l’élan de le présenter à sa maîtresse tant la conclusion de ce livre lui a plu.

Son enseignante l’a encouragée à prendre sa place jusqu’au bout pour franchir sa gêne de parler de ce livre au 31 de sa classe.

À la maison, pendant une semaine, je l’ai vue répéter, tournoyer, danser autour des transitions de son résumé oral, déchiffrant une à une les sensations que ce livre a laissées en elle… j’étais son public. Je lui ai recommandé d’écrire, mais ce n’était pas sa méthode.

Et puis la conclusion est arrivée, brillante, lumineuse devant ses 31 camarades et son enseignante…

« J’ai aimé ce livre parce qu’il rappelle à chaque enfant, qu’au-delà de ses difficultés, chacun a des qualités, des talents, mais il a besoin de l’aide des adultes pour les découvrir! » Hannah, 10 ans 

Ce soir-là, elle est rentrée lumineuse, riche et joyeuse de son expérience réussie. Son exposé fut sans fioritures, direct au cœur de son auditoire. Elle semble avoir atteint son objectif. Tous l’ont écoutée et plusieurs semblent motivés pour lire ce fameux livre que je vous recommande.

Alors, je crois largement en cette formidable pédagogie du regard positif sur l’enfant qui ne cherche pas à redresser ce qui n’est pas droit, mais à encourager ce qui est là en lui pour qu’il se dresse dans sa personnalité propre.

Je salue au passage cette enseignante d’expérience qui a développé ce regard sur l’enfant et qui fait qu’elle les aime un à un sans se perdre. Elle ne se perd pas, car elle s’appuie sur le spécifique de chacun pour qu’il se mette en œuvre. Par ce regard qui s’émerveille, elle met l’enfant au cœur de lui-même, là où ses forces naturelles peuvent le faire grandir en assurance, en estime de lui et l’aider à traverser ses défis.

Mais à la réflexion, je me demande: « qu’est-ce qui peut aider, chez les enseignants et les éducateurs, le développement de ce regard constructeur de la personnalité des enfants? »

Sophie

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UN GESTE DE COMPASSION AU COEUR D’UNE TRAGÉDIE

Dans les dernières semaines, en écoutant les nouvelles, j’ai appris qu’il y avait eu un grave accident de la route près de La Tuque, au Québec. Une grave collision entre un véhicule utilitaire et une petite voiture n’a laissé aucune chance aux deux occupantes de cette dernière. Il s’agissait d’une femme de 38 ans et de sa fille de 10 ans qui ont été tuées sur le coup. J’étais très touchée par cette déchirure qui se produisait alors au cœur d’une famille qui venait de perdre deux des leurs tragiquement, en l’espace de quelques secondes. Habitée d’un certain bouleversement intérieur, j’ai poursuivi mon écoute du bulletin de nouvelles. Puis, j’ai été de nouveau saisie lorsque le journaliste a mentionné que la grand-mère qui venait de perdre sa propre fille et sa petite-fille dans l’accident avait posé un geste hors du commun. Cette femme a demandé à être conduite au chevet de la jeune fille qui conduisait l’autre véhicule. Elle tenait absolument à rencontrer cette jeune conductrice dans la vingtaine qui avait également été blessée au moment de l’impact. Une fois à ses côtés, cette mère et grand-mère en deuil lui aurait dit qu’il s’agissait d’un accident et que ce n’était pas de sa faute.

Je ne sais pas quelle portée ce geste a eu pour la jeune conductrice, mais moi, assise devant mon téléviseur, j’ai senti que l’amour dans la personne humaine est d’une grandeur insoupçonnée. Alors qu’elle était cruellement éprouvée personnellement, le regard de cette femme s’est tourné vers l’autre victime avec une compassion infinie, comme pour la soustraire à un sentiment de culpabilité qu’elle soupçonnait. Cela semble lui être venu comme une évidence de ce qu’elle devait faire : un geste d’humanisme, une parole consolatrice, un amour solidaire. En être témoin nourrit ma foi en la personne humaine qui est capable du meilleur. C’est parfois dans les moments les plus sombres que l’on peut voir apparaître le plus merveilleux dans l’humanité.

En tant que formatrice PRH, j’ai envie que l’on rende ces gestes d’humanité aussi visibles que les gestes de destruction auxquels nous assistons, car ce sont ces gestes humbles, issus de la profondeur d’un cœur aimant, qui soulèvent l’espoir et la solidarité en notre monde. Notre vision et notre espoir à PRH sont bien de cette couleur : que la personne humaine est débordante de richesses qui font du bien à l’humanité.

Diane Plante, formatrice PRH

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Être là pour l’autre, sans se perdre…

Ton propos, Caroline, m’amène à réfléchir à la complexité des relations. À chaque jour, nous entrons en relation avec notre conjoint, nos enfants, nos collègues, etc. de manière bien souvent inconsciente, naturelle, allant de soi, sans trop se questionner sur ce que nous projetons, ce que nous laissons comme trace…

Être en relation va au-delà de « communiquer ». C’est aussi être en lien avec l’autre, lâcher prise sur ce que nous sommes, surtout sur notre confort. C’est aller vers une zone d’inconfort, et même de risque qui nous plonge essentiellement vers qui nous sommes réellement comme acteur social. C’est aussi, ce que tu évoques dans ton texte, soit de se questionner et d’évoluer soi-même pour permettre à l’autre de grandir.

Comme adulte, comme adulte éducateur, par nos fonctions respectives, nous sommes à réfléchir constamment sur la place que nous prenons et que nous voulons laisser à l’autre, à l’enfant, à son devenir…  Trop souvent, notre propre confort nous empêche d’aller vers l’autre et de prendre le temps de le connaître, de le comprendre… Trop souvent, nos désirs d’enfant et notre responsabilité d’éducateur s’entrecroisent… Trop souvent nos systèmes de référence s’entremêlent avec la réalité de l’autre et trop souvent l’autre, dans son entité, n’est pas considéré à sa juste valeur.

Mais comment laisser la place à l’autre sans perdre sa place, ses valeurs, ses convictions, ses principes qui guident notre vie, nos projets, nos rêves? Ces temps-ci, dans le cadre de mon travail, je revisite la politique familiale du Québec qui a été mise en place en 1997, déjà vingt ans, et je me questionne à savoir : « est-ce que les enfants sont toujours au cœur de nos choix? ».

Johanne

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