Nouveauté à PRH : l’album pour enfant « La petite graine qui voulait devenir champ »

 

Le dernier livre de PRH Québec-Canada, inspiré et écrit en collaboration étroite avec mes enfants, a fait ses premiers pas au Salon international du livre de Québec aux éditions BouquinBec.

 

 

Lors de cet événement, il a été bien accueilli par le public et a bénéficié de l’attention du premier ministre du Québec, monsieur Philippe Couillard, en visite au salon du livre. Il nous a offert quelques minutes de son temps précieux, a demandé un résumé du livre et est reparti avec un exemplaire dédicacé de l’auteure.

       Rencontre avec des enfants et leur grand-maman

J’ai toujours aimé les histoires qui finissent bien et celle-ci en est une qui commence bien.

Quant à la fin de l’histoire, elle ne vous laissera pas sur votre faim, car elle procure une clé pour le bonheur de chacun et de tous.

La particularité de cette histoire, c’est qu’elle se raconte aux enfants tout en s’adressant à celui qui la raconte. Elle questionne et encourage l’enfant et le lecteur à trouver les bons ingrédients relationnels qui font que l’enfant peut se développer dans sa personnalité. La finalité est de voir nos enfants, petits-enfants et élèves grandir avec bonheur dans notre société à partir de la petite graine déposée en chacun.

Une histoire simple qui nous encourage à prendre soin de ceux que nous aimons et qui peut nous amener au bout de nos rêves.

À consommer sans modération!

Sophie Jardon, formatrice PRH, auteure de « La petite graine qui voulait devenir champ »

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L’apprentissage n’est possible que dans une relation pédagogique

Bonjour Josée,

À la lecture de ta « lettre », j’ai aussi le goût de réfléchir à ma pratique de pédagogue. Particulièrement, à ce que je nomme les « distractions » qui détournent les professeurs d’une véritable relation avec leurs étudiants. Ces distractions m’ont parfois fait perdre de vue le sens de mon rôle de pédagogue. Et quand on lit dans les journaux que 20 % des jeunes profs ne poursuivent pas dans le métier (au primaire et au secondaire), il m’apparaît important de dire ce qui m’inspire toujours dans ce rôle de pédagogue.

Dans mes premières années d’enseignement, je considérais les connaissances, les compétences, les objectifs à atteindre comme les éléments fondamentaux de mon métier. Le stress que j’ai pu vivre à préparer un cours! La pression que je me suis mise sur les épaules à construire des ateliers que je considérais stimulants pour mes étudiants! Que j’étais dans l’erreur… parce que j’en oubliais l’essentiel : la relation pédagogique! Il ne peut y avoir un apprentissage que dans la mesure où il y a une véritable rencontre entre deux humains.

Au fil des ans, j’ai acquis des certitudes, inscrites profondément en moi, que j’aimerais partager avec vous. Il me faut d’abord décrire ma réalité de professeur de cégep parce que ces certitudes sont ancrées dans ma pratique. Je ne rencontre mes étudiants que quatre heures par semaine. Ma relation avec eux se construit tranquillement, sur quelques semaines. Et, puisqu’une session ne dure que quinze semaines, je ne dois pas tarder à les connaître. C’est pourquoi toutes mes rencontres avec mes étudiants deviennent importantes. Lorsque je quitte mon bureau pour me rendre en classe, je prends maintenant le temps de me faire présent, consciemment, à tout mon amour que je porte pour les êtres humains. De cette manière, mon cours, dans lequel je transmets de la matière (je discute littérature), devient aussi l’espace de rencontres entre humains. Si je ne porte en moi que le désir de transmettre des connaissances, sans tenir compte de mes étudiants qui, eux, reçoivent cet enseignement, jamais je ne trouverai de sens à ce métier. Je me découragerai et voudrai faire autre chose. J’en ai maintenant la certitude.

À la dernière session, une étudiante est venue me voir à la fin d’un cours pour me dire qu’elle aimait, pour la première fois de sa vie, un cours de français! Un cours obligatoire! Elle se rendait compte que la matière l’intéressait, mais qu’elle n’avait jamais développé d’intérêt pour le français. Et quand je lui ai demandé ce qu’il y avait de différent dans mon cours, elle m’a tout simplement répondu : « Je n’ai pas l’impression que je suis un numéro parmi tant d’autres… » J’ai reçu cette réponse avec beaucoup d’émotion parce qu’elle venait de confirmer cette certitude en moi : l’apprentissage n’est possible que dans une relation pédagogique.

Les étudiants assis devant moi en classe ne sont pas des numéros de matricule, des diagnostics de troubles de comportement, des jeunes désabusés; ce sont des êtres humains… Mon rôle de pédagogue est d’aller à leur rencontre, pour moi, pour donner du sens à mon métier, et, pour eux, pour qu’ils se sentent interpelés dans tout leur potentiel.

François

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Oser ma différence

Vous est-il déjà arrivé de vous sentir différent face au regard des autres? D’avoir la sensation que vous ne rentrez pas dans le moule ou, du moins, pas complètement. Le regard des autres sur soi qui nous dérange, souvent perçu négativement, peut nous amener à souhaiter nous fondre dans la masse et à être comme les autres.

Et si cette distinction de la majorité ou de la norme était révélatrice de mon identité, de mon unicité? Une perception de lenteur peut révéler ma capacité de prendre le temps de vivre le moment présent, d’être une personne posée, réfléchie ou contemplative. Une excentricité peut me révéler à l’artiste en moi, à une imagination créatrice, à mon audace. Par exemple, un jeune dérangeant en classe peut révéler une curiosité, de l’inventivité, une capacité relationnelle.

Il est heureux d’être différent! Profiter de ce regard de l’autre pour porter mon propre regard sur moi. Partir à la découverte de ce qui me distingue en mon être et me donne ma couleur. Reconnaître mon unicité, la faire mienne et en être fier, fière. Demeurer en éveil de mes élans de vie qui me poussent à devenir qui je me sens être au fond de moi.

Lors de son passage à une émission de télévision quotidienne, l’humoriste Jean-Michel Anctil abordait le thème de la différence en parlant d’un des personnages de son spectacle. « Le regard des autres face à sa différence ne l’affecte pas. C’est lorsque l’on ne se soucie pas du regard des autres qu’on est le plus heureux; quand on fait ce qu’on aime et qu’on est bien! »

Faire ce qu’on aime, c’est oser nos élans, oser notre couleur, oser cette fidélité à qui l’on est. Je pense à toute cette génération émergente, dans tous les secteurs de la société, porteuse d’une créativité débordante, qui ose apparaître dans ses différences au risque de déstabiliser temporairement son entourage, voire la société.

Oser ma différence, c’est le chemin de mon épanouissement et de mon bonheur! Oser ma différence, c’est mettre ma couleur unique dans cette gigantesque œuvre qui compose notre monde! Oser ma différence, c’est contribuer à élargir le regard de la société, ouvrir à du possible et faire avancer l’humanité!

Joanne Daneau, formatrice PRH

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Avoir un regard aimant

Bonjour Sophie,

C’est à mon tour de me laisser porter par ta question « Qu’est-ce qui peut aider, chez les enseignants et les éducateurs, le développement de ce regard constructeur de la personnalité de l’enfant? »

Cette question me donne envie de me situer, de faire le point sur ce que je vis en tant qu’enseignante et en tant que parent, car je te dirais que c’est le même regard, celui empreint d’amour gratuit, celui qui croit en la personnalité de l’enfant, celui qui sent tout le potentiel, toutes les richesses de l’être humain qui est devant soi. C’est ce regard qui amène le respect et la reconnaissance de la personne.

Ce regard, c’est celui de l’éducatrice que je sens en moi. Personnellement, il se traduit par « être dans mes souliers » et cette expression, bien à moi, signifie que je me fais proche de mes élèves, de mes enfants, que je me fais attentive à ce qu’ils vivent au niveau émotionnel, intellectuel et comportemental, que je me fais accompagnatrice de la personne qu’ils sont.

Lorsque je suis « dans mes souliers », je suis au cœur de moi dans l’éducatrice, dans la femme de relation et d’offrande que je suis pour l’être humain, avec en toile de fond, l’amour grand, libre, gratuit.

En est-il ainsi pour tous les enseignants et tous les éducateurs? Je ne peux pas répondre pour eux et je ne peux pas dire ce qui les nourrit profondément. Cependant, il m’est possible de dire que plus je me découvre comme éducatrice, dans les couleurs qui me sont propres, plus je suis présente à l’être humain. Les apprentissages académiques faits par les enfants me stimulent, m’émerveillent, me surprennent, mais ils sont, pour moi, une composante qui participe au développement de la personnalité de l’enfant, au déploiement de toute sa personne. Je suis une éducatrice de l’être humain dans sa globalité : intellectuelle, développementale, comportementale, émotionnelle, réflective…

Ta question, Sophie, m’amène aussi à dire ce qui me fait sortir « de mes souliers » d’éducatrice. Malheureusement, je me laisse distraire par les exigences du ministère, par l’idéologie parfaite d’une réussite académique pour tous, par les temps d’évaluation formelle où nous sommes revenus aux notes en pourcentage depuis quelques années maintenant et où je me sens davantage dans un regard d’évaluatrice que d’accompagnatrice.

Il y a ces exigences extérieures à moi et il y a également mes tremblements intérieurs où mon regard est porté sur les autres, et non sur l’enfant, où je me laisse déranger par mes peurs, les jugements, mes doutes. Ces tremblements intérieurs, ces « il faut » me font sortir de mes souliers d’éducatrice. C’est triste, mais c’est aussi la vérité, ma vérité.

Je reviens donc à ta question Sophie : « Qu’est-ce qui peut aider le développement de ce regard constructeur? » J’oserais dire que le développement de la conscience de l’éducateur dans ses gestes et dans ses paroles, la connaissance de soi en tant qu’éducateur et en tant que personne, la capacité de reconnaitre ce qui donne de la vitalité en soi, l’humilité de reconnaitre ce qui en va pas et la prise en main pour amener des changements qui colleront davantage à sa propre personnalité sont autant d’éléments qui participent à développer ce regard qui construit.

J’ose également ajouter que le regard aimant sur soi permet d’avoir un regard aimant sur l’enfant et constructeur de la personnalité de l’être humain, petit ou grand.

Josée

 

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