NAISSANCE D’UNE FAMILLE

Je suis ton parent, ta mère.

J’ai encore le corps endolori de ton arrivée.

Et j’écoute déjà qui tu es en ce début de toi.

C’est que… je préfère que tu sois toi

Et non que tu sois ce que je voudrais que tu sois.

Il faut que je te découvre

Et que je continue à te faire naître tous les jours,

C’est mon plus grand défi.

 

Je suis ton parent, ton père.

J’me sens comme si c’était moi

Qui avait accouché de toi.

J’ai eu des contractions du cœur

Pendant que ta mère en avait au corps.

T’es mon premier enfant.

Wow! J’ai une famille depuis que t’es arrivé!

Je ne suis plus le même homme.

Bienvenue dans ma vie!

Je suis votre enfant, papa, maman.

Je n’ai pas besoin de tant d’affaires que ça.

C’est votre amour qui me fait exister

Et découvrir que je suis valable en ce monde.

J’ai juste besoin de me sentir beau dans vos yeux,

Que vous ne fassiez pas à ma place

Quand j’ai besoin d’apprendre à être.

Je n’ai pas besoin que vous soyez parfaits.

Juste que vous soyez d’accord

Pour que je sois différent de vous deux.

 

Ne m’inventez pas,

Ne me surprotégez pas,

Ne m’idéalisez pas!

J’ai tout en mon être pour être magnifique.

Aidez-moi simplement à aimer être moi-même

Et je serai un enfant réussi!

 

En passant, je vais probablement vous bousculer un peu…

Mais, que voulez-vous :

Il faut bien que je vous fasse grandir moi aussi!

 

Diane Plante, formatrice PRH

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On ne compare pas des pommes avec des oranges

Vous est-il arrivé, devant la rapidité d’exécution d’une personne, de vous trouver lent? Ou encore, en présence de quelqu’un qui exprime sa passion pour son travail, un hobby, de trouver ordinaire la valeur de votre quotidien ou de votre vie? Si oui, vous êtes tombé dans le piège de la comparaison en vous dévalorisant, en mésestimant ce que vous êtes au lieu de reconnaitre ce qui vous caractérise comme personne. Cependant, comme le dit ce proverbe québécois rempli de sagesse : « On ne compare pas des pommes avec des oranges ».

Si je prends la pomme avec sa pelure lisse, sa couleur rouge ou verte, sa saveur sucrée ou surette, c’est l’ensemble de ses caractéristiques qui la rendent unique. Tandis que l’orange est juteuse, sa pelure moelleuse, elle est facile à peler, etc. Wow! Qu’elles sont belles l’unicité et la diversité de chaque fruit!

Alors, d’où peut provenir cette manière de juger de ma valeur, ce que je suis, en me comparant de façon injuste?

Depuis que je suis formatrice PRH, j’observe que ce piège de se comparer en se dévalorisant, en minimisant ou en survalorisant un aspect de soi face à quelqu’un est fréquent et même tenace. Parmi certaines causes de ce fonctionnement, nous observons une difficulté à nous référer aux forces et aux qualités qui constituent notre identité. Il pourrait s’agir aussi, par exemple, d’une expérience passée où on a pu être comparé à un frère, à une sœur en survalorisant un aspect positif qui pouvait plaire au parent ou à l’éducateur (« Il est super travaillant! », « C’est facile avec lui! Il est tellement calme! », etc.) ou en dénigrant un comportement (« Il pense juste à jouer! Il ne reste pas tranquille une minute! », etc.). Une image négative ou survalorisée de soi s’est installée et provoque, aujourd’hui, ce dysfonctionnement de la comparaison.

Et si on cessait de se comparer! Tout comme pour un fruit qui a ses aspects uniques, est-ce que je peux nommer les qualités manuelles, intellectuelles, affectives, artistiques ou autres qui me caractérisent dans les différents secteurs de ma vie?

Pour vous aider à faire l’exercice suivant, je vous propose d’utiliser le symbole de la pomme ci-dessous :

  • Je choisis une activité qui me procure du bonheur et je la note.
  • Quelles sont les qualités que je mets en action dans cette activité? Je les inscris au centre du fruit.

Vous désirez poursuivre l’expérience de « l’auto-cueillette » des caractéristiques de votre identité? Je vous propose la formation « Qui suis-je? ».

Martine Préville, formatrice PRH

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Accéder à ma joie par le chemin de mes engagements

Dans notre parcours de vie, il arrive un moment où nous ressentons vraiment que notre capital d’énergie a des contours. Nous pressentons alors, sans trop vouloir y consentir, que nous commençons à frôler nos limites d’énergie et, tant mieux si ce n’est pas par la maladie, que nous acceptons de nous rendre à ce réel.

En êtes-vous à ressentir que votre temps est précieux ? À trouver que les heures de la journée semblent filer plus vite qu’avant ? Que les mois et les jours sont trop courts ? Que les années passent trop vite ?

Plusieurs hypothèses montent en moi :

  • Les demandes qui vous sont faites sont-elles trop nombreuses ?
  • Les types de demandes vous questionnent-ils sur la pertinence d’avoir à y répondre vous-même ?
  • Les énergies que cela va entraîner dépassent-elles vos capacités ?
  • Une satisfaction ou une insatisfaction s’installe en vous parce que l’agir va dans le sens de vos forces profondes ou non ?
  • Vous aimeriez dépenser vos énergies à faire autre chose ?
  • Vous tirez trop souvent sur des énergies qui ne sont pas disponibles?
  • Etc.

Chercher à distinguer ce que j’ai à privilégier pour ma vie aujourd’hui peut répondre à un besoin de clarté. Il se peut que je vive des agirs qui me permettent de gagner ma vie avec confort et aisance, d’autres qui me permettent de me déployer en incarnant mes dons naturels. Il y a aussi des agirs que je peux vivre avec la sensation d’un chemin intérieur qui se dit au fur et à mesure que j’avance. Je continue parce que cela me permet de me sentir sur ma route de bonheur.

Si je m’intériorise, je reconnais que je ressens un appel intérieur. Il me monte quelques exemples : une maman qui accueille un enfant dont la mère ne peut prendre soin et qui lui donne une place dans sa famille, elle l’adopte en son cœur ; un sportif qui a du succès et qui décide de créer une fondation en aménageant un autobus d’objets sportifs pour se promener d’école en école et, ainsi, faire vivre des expériences de jeux à des enfants ; un artiste qui réussit bien et qui s’intéresse aux gens de la rue… Cela est donné comme une force intérieure qui engage et oriente des actions en vue d’apporter ma contribution à la société.

Vous donner une plage de temps avec d’autres pour reconnaître, dans les diverses actions que vous posez, ce qui est en correspondance avec qui vous êtes vraiment, est un cadeau que vous aurez peut-être le goût de vous offrir.

À ceux et celles qui se sentent interpelés par cette démarche, je vous invite à la formation : « Mes priorités d’engagement : Agir prioritaire, agir essentiel et mission personnelle » qui aura lieu les 30 septembre et 1er octobre, ainsi que les 27, 28 et 29 octobre 2017.

Pierrette Pepin, formatrice PRH

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Et si chacun de nous faisait toute sa part…

Le nouveau président des États-Unis ne croit pas au réchauffement climatique. Il a décidé de se retirer de l’accord de Paris invoquant « vouloir rendre sa grandeur à l’Amérique ». Cet accord vise à limiter la hausse de la température mondiale en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Je crois mal entendre… Est-ce possible? En moi, je ressens de la colère et de l’incompréhension, plein d’arguments défilent dans ma tête. Quelle Terre laisserons-nous à nos enfants? Une sorte de panique se pointe. Je suis déçue de notre monde, de cette super puissance, face à qui nous sommes bien petits parfois. C’est ma première réaction.

J’ai bien peu de pouvoir sur cette décision. Trump nous place devant un fait accompli que je n’ai pas le choix d’accepter, sans pour autant être d’accord.

Au lieu de rester dans l’opposition et la contestation, je choisis d’accueillir ce réel. Je retrouve peu à peu mon équilibre en même temps que ma solidité en tournant mon regard plus loin, portée par mes valeurs de fond, ma solidarité, l’équité, la justice. Monte en moi une aspiration : laisser en héritage un monde le plus en ordre possible et l’environnement en fait partie.

Malgré tous les excès et désordres de notre société, je m’assure quotidiennement de faire toute ma part pour notre monde de demain. Je fais partie d’un groupe de simplicité volontaire, je prépare mon compost toute l’année, j’apporte mes sacs en tissu à l’épicerie. Je suis attentive à poser plein de petits gestes. Tout ça dans le but de réduire au mieux mon empreinte écologique. Je m’observe et identifie comment je peux faire plus pour protéger notre Terre là où je suis dans mon coin de pays.

Me voilà plus sereine, assurée de faire toute la part qui est la mienne pour laisser une Terre accueillante à mes enfants, mes petits-enfants et, plus largement, à notre humanité qui me tient particulièrement à cœur.

Et si chacun de nous fait toute sa part, mon espérance est décuplée. Oui, ensemble, ça devient possible de vivre dans ce monde auquel j’aspire, ce monde où nous marchons, ensemble, avec courage et détermination, conscients de notre impact personnel sur notre environnement.

Maryse Cyr, formatrice PRH

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Surprises d’un moment d’arrêt estival…

Je sens mon corps détendu, réceptif.

Je me sens bien dans toute cette verdure, dans l’abondance de fleurs.

J’admire toute cette beauté que ce petit jardin généreux me donne de goûter.

Les rosiers, si pleins de fleurs, les clématites, les fiers delphiniums, toutes les autres espèces en profusion…

La bonne odeur du lilas japonais; je me régale.

L’oiseau qui fait entendre son chant; joie légère.

Je me sens choyée et reconnaissante de goûter toute cette vie.

Je me sens connectée à elle.

Une vivante parmi les vivants.

 

Je suis au calme.

Au grand air.

Mon corps respire.

Une bonne brise m’enveloppe.

Le souffle léger du vent sur mon visage m’est agréable.

 

Puis, un souffle un peu plus fort…

Je le sens venu de loin, venu du vaste monde.

Effleurant d’autres humains au passage avant d’arriver à moi.

Il me fait entrer en contact avec eux.

Par lui, je me sens reliée à ces humains du vaste monde.

Une humaine parmi les humains du monde.

 

Je me sens élargie, connectée, en fraternité.

Vivante.

J’appartiens au vivant, j’appartiens à l’humanité du monde.

 

Claudie Saint-Roch, formatrice PRH

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Mon jardin, mes fleurs…

Bonjour à vous tous,

Je regardais mes élèves à mon arrivée ce matin. Je les trouve beaux. Je les trouve magnifiques. Ils m’émerveillent d’avoir tant appris, tant acquis, de s’être autant déployés, d’avoir pris autant d’assurance et de s’être fait confiance.

Je me revois en début d’année à les regarder, à les observer et à me demander qui ils étaient, ce que j’allais découvrir d’eux, quelles forces ils avaient, quels défis ils allaient relever… En fait, je me demandais quelles étaient les fleurs de mon jardin pour les dix prochains mois.

Je perçois mes élèves de 1re année comme des fleurs. Certains vont éclore tôt dans l’année un peu comme le perce-neige au printemps. Ils apprennent rapidement et s’adaptent bien également. D’autres enfants suivent le rythme de la saison comme les tulipes, les pétunias, les bégonias, les géraniums… Ils vont fleurir en suivant un rythme régulier, avec leur couleur, avec leur éclat. Il y a aussi des fleurs qui fleurissent à l’automne, tardivement, alors que la saison chaude achève. Ils ont besoin de soins particuliers, d’une attention spéciale, d’un engrais un peu plus adapté…

Peu importe la vitesse à laquelle progressent mes élèves, ils m’émerveillent, me stimulent, me surprennent et m’invitent à leur offrir de la bonne eau, un bon engrais naturel qui les amèneront là où ils peuvent aller. Des fleurs sont fragiles, d’autres ont besoin de plus d’espace ou encore d’un tuteur pour aider davantage. Certaines ont besoin d’un soleil chaud alors que d’autres ont besoin d’ombre. Les fleurs ont leurs particularités. Mes élèves ont leurs particularités. Ils sont uniques. Ces enfants sont si fleurissants de richesses! Ils m’amènent à me dépasser, à être ouverte et disponible pour eux. Ils m’émerveillent par leurs capacités, leur persévérance, par leur foi en eux, par leur ténacité!

Voilà que la fin d’année est arrivée. Chaque enfant a fleuri, à son rythme et à partir de là où il démarrait dans ses apprentissages. Chaque enfant a également fleuri dans toute son unicité. Je l’ai découvert dans les richesses de sa personnalité : artiste, créateur, qui prend soin de l’autre, vif d’esprit, observateur, curieux, chercheur, habile, acteur, énergique, contemplatif, avec un sens de l’humour, aimant, minutieux, communicateur, social, aidant, proche de l’autre…

Toute l’année, j’ai été témoin de son épanouissement, de la place qu’il prend au soleil, des soins qu’il accueille avec ouverture. Aujourd’hui, je contemple sa couleur, son feuillage, son odeur. Il est unique.

Mon jardin a fleuri. J’aime mon jardin. J’aime profondément mes fleurs.

Certains diront que les enfants apprennent grâce à leur enseignant. Moi, j’affirme que mes élèves ont tout en eux comme une graine de fleur qui a tout pour devenir la fleur qu’elle doit être. Certes, je suis là pour arroser, les placer suffisamment à la lumière, ajouter de l’engrais et, parfois, pour y mettre un tuteur qui l’aidera un peu. Je veille. Les parents sont là également. Nous sommes ensemble. Nous formons une équipe pour l’épanouissement de l’enfant, des enfants, pour qu’ils grandissent, qu’ils fleurissent comme ils doivent fleurir. Ensemble, nous contribuons à faire fleurir ce jardin, le plus beau que je connaisse.

Josée

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Prendre ma place là où je suis, source de bonheur

Tout récemment, j’ai été appelée à me déplacer du Saguenay vers Trois-Rivières pour animer un atelier sur mesure avec une collègue.

Je suis revenue de cette animation habitée d’une joie profonde, d’un bonheur à diffuser, à transmettre la formation PRH plus largement, au-delà de mes frontières. Effectivement, la clientèle rejointe était composée de conseillers et conseillères pédagogiques provenant de différentes régions du Québec : des personnes ouvertes, attentives, intéressées à découvrir des pistes et raviver leur motivation pour vivre leur rôle de façon satisfaisante et constructive auprès de la clientèle qui leur est confiée.

Cette animation a fait grandir, en moi, le sentiment de fierté d’être cette formatrice PRH, prête à marcher, à m’engager dans cette aventure pour un plus d’humanisation de la société.   Cette fierté est, en quelque sorte, liée et nourrie sans cesse par cette capacité d’amour qui m’habite et que je vis pour :

  • PRH; ma foi en cette école qui favorise le déploiement de la personnalité chez les individus;
  • la croissance des personnes; cette foi en ce dynamisme qui les mobilise, qui les habite et qui les stimule à être sans cesse à cette recherche d’un mieux-être, d’un plus de bonheur dans leur vie;
  • les personnes; les regarder, m’y intéresser, les écouter sans jugement, m’émerveiller d’elles et pouvoir les découvrir en leur cœur. Je me sens tout à coup plus élargie intérieurement par l’accueil de ces personnes différentes de moi et qui contribuent à leur manière à une levée, une mise debout des personnes autour d’elles, pour la part d’humanité qui les concerne;
  • les autres formatrices PRH qui interviennent dans leur coin de pays pour diffuser la formation PRH. Nous étions chacune à notre place, offrant notre expertise, selon nos couleurs respectives. De plus, en animant, j’ai expérimenté et pris conscience que nous n’étions pas seules, mais bien soutenues, reliées aux autres formatrices du Québec et du Nouveau-Brunswick, une force vive pour cet agir commun qui nous anime.

Tant de reconnaissance en moi pour toute cette abondance vécue et reçue qui me conduit à un élargissement de ma personne dans cette dimension de mon amour pour le monde. Cela m’invite à porter mes chaussures de nomade pour aller rencontrer les personnes qui ont soif d’un monde meilleur.

Et vous, avez-vous soif de ce monde meilleur? Je dépose cette question en vous. Quel élan est là, en votre cœur, pour apporter votre part et ainsi contribuer à ce plus pour notre humanité? Sans cette part, peut-être que quelque chose ne pourra advenir…

Doris Hébert, formatrice PRH

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La pédagogie du miroir

Johanne, la lecture de ta dernière correspondance rejoint l’observation que le travail psychopédagogique que je fais sur moi, depuis plusieurs années, avec PRH m’a véritablement aidée à développer mes capacités de parent.

Auprès de mes enfants de 13 ans et 10 ans, j’observe au quotidien que mon comportement ajusté, mon écoute et le partage court de certaines expériences ont bien plus d’impact sur eux que toutes les théories, tous les discours moralisateurs ou exigences que je peux avoir.

Pour sortir de mes mauvais fonctionnements, j’ai cherché de l’aide. Je me sentais dépourvue d’efficacité et de bienveillance dans mon métier de parent. Mes recherches m’ont fait retourner à l’école du soir. J’en avais bien besoin!

J’en ai tiré des règles éducatives qui fonctionnent et, en particulier, j’ai développé ce que j’appelle la pédagogie du miroir.

  • Si j’attends de mes enfants qu’ils disent la vérité, je me dois de leur dire la vérité de façon adaptée et ne pas leur mentir.
  • Afin qu’ils développent des comportements constructeurs pour leur vie, j’ai appris à développer ces bons comportements constructeurs pour la mienne afin que ça ne reste pas des théories décollées de la réalité qui ont très peu d’impact.
  • Afin de les aider à prendre les bonnes décisions pour conduire leur vie, j’ai dû apprendre comment prendre de bonnes décisions pour conduire la mienne.
  • Afin de les aider à traverser leurs difficultés, j’ai appris à traverser les miennes en restant adulte à leur côté.
  • Afin qu’ils développent une bonne estime d’eux, j’ai demandé de l’aide pour développer une bonne estime de moi en découvrant mes forces et acceptant mes limites.
  • Afin qu’ils deviennent plus autonomes, j’ai dû développer ma propre autonomie.
  • Afin qu’ils développent leur attention et leur écoute, j’ai développé mon attention et l’écoute de ce qu’ils ont à raconter.
  • Afin qu’ils développent leur motivation, leur persévérance, leur calme et leur confiance en eux, je me suis fait aider pour développer ma motivation, ma persévérance, mon calme et la confiance en moi auprès d’eux.
  • Si je veux qu’ils se brossent les dents régulièrement, il m’arrive encore de me brosser les dents avec eux… si je veux qu’ils lisent, je lis et leur fais encore la lecture… si je veux qu’ils se détendent, je me détends avec eux… si je veux qu’ils soient heureux, je suis heureuse avec eux…

On me dit souvent que mes enfants me ressemblent!

Mais c’est à vous, enseignants, que j’aimerais poser la question qui pique ma curiosité :

Avez-vous fait l’observation que vos élèves ou vos classes finissent par vous ressembler? Avez-vous, vous aussi, l’expérience de la pédagogie du miroir?

Sophie

 

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TRAVAILLER SUR SOI POUR ALLER VERS L’AUTRE

Bonjour François,

En lisant ta lettre, j’ai été replongée dans celle de Josée qui abordait « le regard aimant-constructeur de l’éducatrice ». Cette réflexion sur la complexité du rôle d’éducateur au sens large, autant celui de parent que celui d’enseignant, dans un monde en transformation à plusieurs égards, m’a inspirée.

Je pourrais faire la liste des transformations et des réalités sociales, économiques, politiques, individuelles, familiales, etc., mais je préfère aborder celles de la personne qui accompagne ces enfants, ces adolescents, ces jeunes adultes, ces adultes toujours en construction de leur identité, provoquée par des changements et des transformations extérieures qui seront toujours présents et qui influenceront notre devenir comme personne accompagnatrice et comme personne en devenir.

Étant jeune, j’ai tenté de faire ma place dans une famille de six enfants. À partir de ce que j’étais, à partir de ce que les autres me reflétaient de ce que j’étais, j’ai fait mon petit bout de chemin, en m’identifiant à travers mes expériences, mes essais-erreurs et à travers ce que les autres m’ont donné ou non. Comme la majorité des jeunes enfants, j’ai développé des attitudes, des comportements, des passions qui ont forgé progressivement ma personnalité. La rencontre avec le monde extérieur à ma famille m’a également transformée, m’a amenée ailleurs, à mieux me comprendre et à me redéfinir, en partie du moins, puisque je n’ai cessé d’être en évolution depuis. L’être humain est en constant changement, que cela soit conscient ou non.

Me considérant moi-même en redéfinition tout au long de mon parcours de vie, aujourd’hui, je me questionne davantage sur la place que j’accorde à l’autre, à celle ou celui que je souhaite accompagner. Quel rôle je peux jouer sachant que, moi-même, je suis sans cesse en transformation?

Comme jeune parent, j’ai débuté mon rôle avec beaucoup de certitudes sur ce dont mes filles avaient besoin : besoins physiques, de sécurité, de reconnaissance, etc. Alors, ceci se traduisait par une certaine routine, de bonnes habitudes alimentaires et de santé. Après quelques années, mes certitudes ont commencé à laisser place à des questionnements tels que, comment pourrai-je, comme parent, en faire des citoyennes autonomes pour qu’elles puissent penser par et pour elles-mêmes, cela sans me projeter constamment en elles, sans me préoccuper d’uniquement transmettre, mais plutôt en accueillant ce qu’elles sont… La réponse m’est apparue au fil des ans en me questionnant sur « ce que j’étais » et « ce que je devais laisser aller » pour que mes filles puissent prendre une place, leur place, et, à leur tour, se reconnaître, s’identifier et se définir comme personnes uniques.

À mon sens, c’est ce passage qui est le plus libérateur pour nos enfants et pour nous-mêmes. Je ne dis pas ici que c’est facile, puisque c’est à recommencer sans cesse. Cette route va au-delà de l’amour et de la croyance en l’autre, puisqu’accompagner, « c’est se joindre à quelqu’un pour aller où il va en même temps que lui »[i]. Un travail sur soi m’apparaît essentiel, pour aller vers l’autre. Il faut suffisamment se connaître pour s’oublier sans perdre ses repères. Il faut avoir envie de se rapprocher de l’autre pour l’amener là où il veut se rendre, et non là où je veux qu’il aille… On ne peut pas respecter et reconnaître l’autre sans se respecter et se reconnaître soi-même. Cela rejoint les propos de Josée qui évoquait qu’il fallait être proche de soi, avoir un regard sur soi pour accueillir l’autre.

Aller à la rencontre de l’autre, comme parent, comme éducatrice et éducateur, doit passer par une rencontre de soi.

Cette réflexion sur moi-même m’a amenée et m’amène toujours à transformer mon rôle d’enseignante et « d’experte dans un domaine » vers un rôle davantage de « facilitatrice » en créant des conditions relationnelles, malgré l’ampleur des groupes (75), pour que l’étudiant soit le maître d’œuvre de ses apprentissages.

« L’accompagnateur reste un passeur (il aide à passer ou dépasser une étape) et un passant (il est de passage) »[ii].

Johanne

[i] L’accompagnement : une posture professionnelle spécifique. PAUL, Maela (2004) – Paris : L’Harmattan.

[ii] Ce qu’accompagner veut dire. PAUL, Maela (2003) – Carriérologie, 9 (1).

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